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La
bouffée délirante
I. Définition :
La bouffée
délirante "BD" est une psychose aiguë caractérisée par l'éclosion
soudaine d'un délire transitoire et polymorphe dans ses thèmes et ses
mécanismes et est également associée à des troubles de l'humeur et du comportement.
II. Etude clinique :
-
Circonstance de survenue : Il s'agit d'un adulte jeune, ayant une personnalité dite
fragile à la suite d'un surmenage, une émotion ou souvent sans cause apparente.
-
Déroulement :
a- Le début: Est brutal, "c'est un coup de
tonnerre dans un ciel serein".
b- La phase délirante : Caractérisée par
1) Délire polymorphe :
• Thèmes:
Multiples et variés
- De persécution. - De
grandeur. - De transformation corporelle.
- Mystique
(religion.) - D'ensorcellement. - Erotique.
- De
jalousie.
•
Mécanismes: Multiples
-
Hallucinatoires. - Imaginatifs. -
Interprétatifs.- Intuitifs. -
Illusionnels. - Cinesthésiques (attouchement, piqûre, etc.)
L'automatisme
mental est toujours présent et consiste en une mécanisation de la pensée.
2) Troubles de la conscience :
1) Altération de la conscience du vécu, la
lucidité est apparemment intacte, le malade reste en relation avec l'extérieur,
bien orienté dans le temps et l'espace et pourtant, il y a une destruction du
champ de la conscience que l'analyse clinique met en évidence sous forme de
fascination par l'imaginaire de l'expérience actuelle, comme divisé entre
2 pôles, un
pôle prédominant du délire et celui de la réalité.
2) Altération de la conscience de soi, c'est le
syndrome de dépersonnalisation (sentiment d'étrangeté et de transformation du
corps et du milieu ambiant.)
3) Troubles thymiques :
Au délire,
vont correspondre des états affectifs violents, tantôt le sujet est expansif et
exalté tel un maniaque, tantôt il est angoissé et mélancolique avec mutisme et
refus alimentaire. Cette labilité thymique est caractéristique des BD et la
rapproche des crises maniaco-dépressives.
- Examen
somatique : Est capital afin de déceler une éventuelle affection somatique. Il
révèle
4- Altération de l'état général.
5- Inappétence alimentaire (dégoût.)
6- Insomnie
et
7-
Céphalées intenses.
8-
Hypotension.
9-
Aménorrhée chez la femme.
III- Evolution et pronostic :
Le délire
peut s'amender (disparaître) rapidement en quelques jours ou semaines. La
bouffée délirante est sans conséquences, sinon sans lendemain, c'est à dire que
la BD ne laisse ni
séquelles, ni complications.
Il existe
cependant une menace de récidive qui pèse sur l'avenir du malade. L'évolution
peut se faire également vers la psychose chronique, surtout la schizophrénie.
Les éléments de mauvais pronostic
sont :
1/ L'importance du syndrome d'automatisme
mental.
2/ La systématisation des idées délirantes.
3/ Le début insidieux.
4/ La longueur de la crise.
5/ La résistance aux thérapeutiques.
Les éléments de bon pronostic sont :
1. L'importance des troubles de la
conscience.
2. La richesse imaginative.
3. La brièveté de la crise.
4. Une note hystéroïde avec théâtralisme.
IV- FORMES CLINIQUES :
A-
Les formes symptomatiques : Selon le mécanisme prévalant du délire
1- La psychose imaginative aiguë.
2- La psychose hallucinatoire aiguë.
3- La psychose interprétative aiguë (Prête à
confusion avec la paranoïa.)
B-
Les formes étiologiques :
1- La
BD symptomatique d'une toxi-infection ou d'une lésion
cérébrale (tumeur, lésions temporales, etc.)
2- La psychose aiguë dans la pathologie de la
puerpéralité (grossesse, du 1er mois jusqu'à l'accouchement)
3- La psychose aiguë suite à un choc émotionnel
(deuil, abandon, conflit professionnel, etc.)
V- DIAGNOSTIC POSITIF :
1) Début brutal.
2) Polymorphisme du délire.
3) Variation du tableau clinique.
4) Etat crépusculaire de la conscience (vie son
délire.)
5) Labilité thymique avec exaltation et/ou
angoisse.
VI- DIAGNOSTIC DIFFÉRENTIEL :
1/ La manie (accès maniaque.) 2/ La mélancolie (accès mélancolique.)
3/ La confusion mentale. 4/ L'épilepsie temporale.
VII. Traitement :
-
Hospitalisation avec Isolement sans contention.
- Examen
somatique et paraclinique soigneux.
- Soins
généraux (nursing.)
- Surveillance
de l'alimentation.
- Traitement
d'attaque par Neuroleptiques, durant 1 mois, par voie parentérale ou orale
utilisant
1 Halopéridol: Haldol®, en solution à 2‰
(Gttes) ou en injection à 5 mg (Amp.)
2 Chlorpromazine: Largactil®, en Cp de 25
et 100 mg ou Amp inj à 25 mg.
3 Lévomépromazine: Nozinan®, en Cp de 25
et 100 mg ou Amp inj à 25 mg.
Schéma:
- 1 Amp de Haldol® + 1 Amp de Largactil® + 1
Amp d'Heptamyl® (analeptique OH––), 1 inj IM 3 fois/jr + Parkinane® en Cp de 2
ou 5 mg (pour lutter contre les effets dyskinétiques de l'Haldol®
) pendant
15 jrs.
- Après 15 jrs, relais oral avec Haldol®, 50
Gttes 3 fois/jr + Nozinan® 1 Cp le matin, 1 Cp à midi et 2 Cp le soir + Parkinane® à 5 mg, 1 Cp le matin + Heptamyl®,
20 Gttes 3 fois/jr ou 1 Cp 3 fois/jr.
4 Sismothérapie, si nécessaire, 2
séances/smn pendant 3 smn consécutives.
- Traitement
d'entretient, poursuivi pendant au moins 1 an sans interruption.
- Psychothérapie,
proposée le plus tôt possible (pour la réinsertion sociale des patients.)
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